Entroview, startup deeptech spécialisée dans le diagnostic des batteries de véhicules électriques, annonce sa deuxième levée de fonds, menée par Covéa, premier assureur automobile et habitation en France, aux côtés d'AFI Ventures, le fonds de pré-amorçage et d'amorçage de Ventech dédié aux ressources critiques européennes, Rethink Ventures et Exergon. Ce nouveau tour marque le passage à l'échelle : Entroview entre dans une phase de déploiement commercial de ses solutions auprès des acteurs de l'après-vente automobile.
Avec l'électrique, la batterie est devenue la pièce la plus chère du véhicule et la plus difficile à évaluer. Aujourd'hui, au moindre doute, elle est démontée, transportée puis recyclée, alors que sur le terrain, 80 % des batteries sont encore en parfait état. L'expert en assurance classe des véhicules en perte totale faute de diagnostic fiable, le garage indépendant renvoie le client vers le constructeur, la concession supporte des coûts de garantie et de logistique qu'elle pourrait éviter.
Entroview met fin à cette chaîne coûteuse : ses solutions permettent aux ateliers de décider sur place, en quelques heures, s'il faut maintenir, réparer, remplacer, réemployer ou recycler la batterie.
Entroview propose deux solutions complémentaires, qui couvrent le diagnostic du véhicule complet jusqu'au module :
- EntrOBD diagnostique le pack en conditions dynamiques, sans le sortir du véhicule.
- Entrodiag analyse les modules démontés avec une précision de niveau laboratoire.
Des solutions éprouvées en atelier avec Covéa et son technocentre CESVI France
Cet investissement est l'aboutissement d'une collaboration de terrain avec le CESVI France, technocentre de Covéa. Ses équipes ont d'abord testé les solutions d'Entroview dans leurs ateliers, avant de les intégrer à leurs opérations quotidiennes : l'outil d'Entroview est utilisé lors des formations de certification à la sécurité batterie du CESVI, pour former les professionnels sur des données de diagnostic réelles. Prochaine étape : le CESVI prévoit de labelliser la solution d'Entroview d'ici début 2027, ouvrant la voie à son adoption par les garages de réparation et les centres VHU.
« La technologie développée par Entroview apporte une approche innovante du diagnostic des batteries et notre expertise terrain contribue à l'adapter aux réalités de la réparation automobile. L'investissement de Covéa ouvre aujourd'hui de nouvelles perspectives pour approfondir nos travaux et explorer de nouveaux usages. »
Pour Entroview, être soutenu par un assureur change la donne. L'assurance est au point de départ de la plupart des décisions de l'après-vente : c'est l'expertise après sinistre qui détermine si un véhicule est réparé ou détruit. En faisant entrer le diagnostic batterie dans ce processus, Covéa et Entroview posent les bases d'une après-vente électrique où réparer devient la norme plutôt que l'exception.
« L'électrification du parc automobile nous conduit à préparer dès aujourd'hui les solutions qui permettront de mieux comprendre et d'accompagner ses effets sur toute la chaîne de traitement des véhicules électriques. Analyser, réparer et réemployer les batteries plutôt que de les remplacer systématiquement, c'est un enjeu économique, environnemental et sociétal majeur pour nos sociétaires comme pour l'ensemble de la filière automobile. »
Équiper toute la filière : les prochaines étapes
Cette levée de fonds donne à Entroview les moyens de déployer ses solutions à grande échelle sur le terrain. Après sinistre, en réparation ou en fin de vie, experts, garagistes, carrossiers, concessions, déconstructeurs et recycleurs pourront réduire leurs coûts logistiques et trouver de nouvelles sources de revenus dans l'électrique.
Entroview se fixe des objectifs concrets :
- Équiper plus de 1 000 garages et concessions d'ici fin 2028 pour démocratiser la réparation et le réemploi des batteries en Europe.
- Diagnostiquer 50 000 batteries par an.
- D'ici 2028, réduire de 30 % le nombre de véhicules déclarés économiquement irréparables (VEI) après un accident parmi les sinistres traités avec ses solutions, en concentrant ses efforts sur le cas le plus exigeant : la batterie accidentée.
Les fonds soutiendront aussi la R&D, déjà protégée par 4 brevets, afin qu'un expert ou un réparateur puisse savoir, en quelques minutes et sans démonter le véhicule, si une batterie accidentée est sûre et quel module remplacer. Un enjeu clé pour réparer plutôt que remplacer, et réduire le coût des sinistres sur les véhicules électriques.
Convaincue que la transition électrique se construira avec tous les acteurs de la filière, des assureurs aux ateliers, Entroview entend contribuer à structurer une filière française de l'économie circulaire des batteries, avec l'ambition de l'étendre à l'échelle européenne.
« Les assureurs orientent 70 % des réparations après collision. Alors que la part des véhicules électriques dans le parc automobile européen devrait atteindre environ un quart d'ici 5 ans, l'absence de données de diagnostic neutres entraîne des classements en perte totale prématurés et coûteux. Entroview comble ce manque en offrant aux assureurs et aux réparateurs indépendants une transparence objective sur l'état de la batterie, à l'échelle du pack, et permet ainsi de transformer des pertes totales potentielles en réparations viables et à forte valeur. »



